Église St-Pierre St-Paul de Gallardon, 14 juillet 2005
Photo : ©2005 Collection privée de Pascal Pelletier

 
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Signature de l’ancêtre tirée du greffe d’Antoine Adhémar, le 10 octobre 1673

 

Historique de Nicolas Peltier et des premières générations en Nouvelle-France  :

La première famille Pelletier à prendre souche en Nouvelle-France est celle de Nicolas Peltier (1596–c.1679), débarqué à Québec accompagné de son épouse, Jeanne de Voisy (c.1612–1689) et de leurs deux fils, Jean et François (c.1633–1692 et c.1635–c.1688, respectivement).

Nicolas Peltier est originaire de la paroisse Saint-Pierre Saint-Paul de Gallardon en Beauce, située au sud-est de Paris au confluent de la Voise et du ruisseau d’Ocre. L’église de Gallardon, comme beaucoup de nos édifices religieux, est dédiée à Saint Pierre et à Saint Paul. Fondée au début du XIe siècle sous le vocable de la Bienheureuse Vierge Marie, on la consacre de nouveau au XIIIe siècle. La construction garde l’empreinte de trois époques architecturales : romaine, gothique et la Renaissance. C’est dans cette église que l’ancêtre Nicolas fut baptisé le 4 juin 1596.




Photos :
©2005 Collection privée de Pascal Pelletier

Arrivé à Québec vers 1636, le couple Nicolas Peltier et Jeanne de Voisy y vit jusqu’en 1645 et Nicolas y travaille comme charpentier : en 1639, avec son collègue charpentier, Pierre Pelletier, il fait une expertise des colombages de la maison de feu Guillaume Hébert [NDLR : L’identité de ce Pierre Pelletier reste inconnue; il se peut que ce soit le frère de Nicolas; chose certaine, il n’est pas le pionnier de St-Martin-de-Fraigneau qui est encore en France à ce moment-là]; il construit le comble de l’église Notre-Dame de Québec en 1647; il construit le toit du Château Saint-Louis en 1648; et il construit plusieurs autres charpentes de maison ou de granges pendant la décennie qui suit. Le 12 septembre 1645 le Gouverneur Charles Huault de Montmagny donne à Nicolas cinquante arpents dans la seigneurie de Sillery où la famille s’y établit vers ce même temps.

Maître-charpentier Nicolas Peltier et Jeanne de Voisy arrivent dans la colonie avec deux enfants, Jean (c.1633–1692) et François (c.1635–c.1688). Au fil des ans, six autres enfants viennent s’ajouter à la famille : Marie (1637–après 1711); Louise (1640–1713); Françoise (1642–1707); Jeanne (1644–1715); Geneviève (1646–1717); Nicolas (1649–1729). Comme pour les autres ancêtres (pionniers) Pelletier, les enfants et petits-enfants s’installent dans différentes régions du Québec et plusieurs vont explorer l’ouest du continent américain. Deux des enfants tâtent de la vie aventureuse: François et Nicolas. Le premier fait la traite de fourrure avec Noël Jérémie dit La Montagne, qui deviendra plus tard son beau-frère en épousant Jeanne Pelletier en 1659.

Plus tard, le 22 octobre 1675, François Pelletier dit Antaya et Marguerite Morisseau, son épouse, achètent de Philippe Gauthier de Comporté la seigneurie d’Orvilliers, située sur le fleuve Saint-Laurent (fief d’Orvilliers d’une demi-lieue de front sur une lieue de profondeur). François et Marguerite lèguent la moitié du fief à leur fils Jean-Baptiste dit Pierre Pelletier dit Antaya (1676–1757), puis 1/10 chacun à leurs autres enfants : Marie-Angélique (1662–1741); Marguerite (1666–????); Geneviève (1668–après 1716); Catherine (c.1672–après 1716); Michel (c.1674–c.1744).


La mairie de Gallardon vers 1900



La mairie de Gallardon, juillet 2005


 

Nicolas Peltier fils, benjamin de la famille du pionnier Nicolas, habitera le poste de Tadoussac puis sera le premier homme blanc à s’installer en permanence au Saguenay–Lac Saint-Jean. Il a également inspiré l’imagination de plusieurs écrivains. Claire Domey, dans son roman « Ilinishu, Enfant des Bois » (roman inspiré de « l’Histoire du Saguenay »), raconte la vie de Nicolas Peltier fils et de son fils, Charles (1679–1741) – dit Ilinishu dans le roman – et leur vie de pionnier au Lac St-Jean. Arthur Buis imagina un personnage fantastique et se demande si ce Peltier était un « coureur des bois », un philosophe ou un ermite.

Voici un texte tiré de « l’Almanach historique du Saguenay », paru dans le Quotidien de Chicoutimi en juin 1988 : « Personnage original, Nicolas Peltier vécut au Saguenay dans un lieu qui conserva son nom. En effet, sur la carte de la partie du Domaine des postes du Roy, visitée en 1732 par l’arpenteur Joseph-Laurent Normandin, on indique qu’à 183 milles du Lac St-Jean se situe l’établissement de M. Peltier. »

Par contre, Nicolas Peltier fils ne suscita pas la même admiration chez tout le monde. Mgr Amédée Gosselin se fit même très sévère à son égard : « Il n’était ni un philosophe, ni un ermite, mais un coureur des bois, un commis de messieurs les intéressés et, ce qui est plus grave, un Canadien-français devenu sauvage de mœurs. »

Nous terminerons par une pensée tirée de la conférence que Mme Mona Gauthier nous donnait lors du 2e Ralliement de l’Association des familles Pelletier à Laval en 1988. Faisant une promenade en raquette dans la banlieue de Saint-Fulgence, alors qu’elle admirait le beau paysage, elle dit : « Je voulais savoir quel avait été cet homme qui avait pu admirer comme je le faisais maintenant la magnificence du Saguenay à cet endroit où il se perd entre les montagnes après avoir formé la célèbre Baie des Ha ». Oui, elle nous livre dans cette conférence sa recherche du personnage qui, sans s’en douter de son vivant, laisse son nom à un lieu aussi poétique que cette « Anse-à-Peltier ».

Claude E Pelletier, m.g.a. et Laure Gauthier, m.g.a.

Texte révisé par Benoit Pelletier Shoja, décembre 2009

©Association des Familles Pelletier Inc.